Ce qui m'attire le plus dans la vidéo : reflèter l'émotion et donner du rythme à l'histoire. J'ai déjà réalisé et monté une soixantaine de films promotionnels et reportages, que ce soit pour loirexplorer.com, le blog que j'ai créé pour faire découvrir les activités et les lieux insolites en Vallée de la Loire ou lors des activités de conseil en communication pour mes clients.
Vous y trouverez des reportages;
Des films de promotions;
Des films documentaires.
Desinstall party. J’aime bien cette vidéo parce que c’était un sacré défi que d'étonner ces jeunes étudiants ingénieurs de L'Ecole Normale Supérieure. Se fondre parmi les équipes sans jamais les déconcentrer pendant six heures d’énigmes à relever, de courses contre la montre, d’efforts physiques pour trouver des codes et arrêter la réaction en chaîne. Pour ce film, j'ai pu faire des repérages, préparer un story board qui m’a bien aidé. Nous avons eu des félicitations de l’école. Ça reste un moment inoubliable.
Dashanpu parc de dinosaures. J’aime aussi ces 28 vidéos car j’ai pu mêler recherche, écriture et montage avec des sous-titres permettanr à nos amis dyslexique de les lire. Le but était surprendre en faisant découvrir des univers fantastiques même à des fans de dinosaures. Ma plus grande émotion était peut-être d'expliquer la théorie de l’évolution en deux minutes. Et puis ces films montrent un autre regard sur l’Histoire. J'interroge et demande leur avis aux spectateurs : Sommes-nous finalement le dernier maillon ou un simple élément de la chaîne de l’évolution ?
Je vous invite à les découvrir en cliquant ici. Bon visionnage.
Comment le storytelling à la façon
d’Alain Decaux rendra captivant votre communiqué de presse
Vous êtes sur le point d’annoncer
l’ouverture de votre activité touristique ? Vous devez renforcer votre
image que vous croyez sincère mais vous ne savez comment instaurer un
engagement durable du public ? Comment faire si vous avez une
présentation, un discours à raconter demain. Oh ! bien sûr, vous n’en
n’êtes pas à votre coup d’essais pourtant vous ne comprenez pas pourquoi ce que
vous dite semble glisser sur votre audience alors que l’on se souvient encore
des petites phrases de Napoléon. Mais est-ce que des petites phrases suffisent
à convaincre ?
La première chose ne serait-elle
pas « le parler vrai » : la capacité de transmettre son
honnêteté ? Et oui, quand on ne sait pas mentir naturellement, mieux vaut
rester soi-même. Or, cela ne suffit pas. Il faut savoir parler, utiliser les
bons gestes, procurer des émotions nous dit-on. Alors forcément, vous voulez connaître les astuces.
Et bien pour vous donner les meilleurs outils, je viens de redécouvrir le
maître en ce domaine en regardant « Alain Decaux raconte ».
Pourquoi Alain Decaux est un maître du storytelling
Connaissez-vous Alain Decaux ? C’était un des historiens vulgarisateurs les plus populaires des années 1970-1980. Il était le prédécesseur de « Franck Ferrand raconte ». Avec son émission « Alain Decaux raconte » et « l’Histoire en question », il a fasciné des millions de téléspectateurs pendant près de vingt ans en plongeant dans les méandres de l'histoire avec une maîtrise incomparable du storytelling (cliquez pour en savoir plus). D'ailleurs, est-ce un signe, le concept a commencé à devenir populaire à partir de 1990, soit quelques années seulement après la fin de son émission. Mais quel était donc son secret pour captiver un public aussi vaste ?
Vous me direz : Alain Decaux, qui le connait encore aujourd’hui ? C’était il y a 50 ans, le temps de l’ORTF où l’on filmait avec une caméra fixe dans des décors minimalistes. Alors comment pourrait-il nous servir aujourd’hui où il faut savoir parler vite, savoir bouger son visage, provoquer sans cesse des émotions ? Et puis Alain Decaux, n’est-ce pas ce bonhomme aux lunettes d’écaille, assis sur une chaise dont on regardait le visage pendant une heure ? Pourtant, je n’arrive pas à décrocher de Youtube depuis quelques jours. Bien sûr, aujourd'hui, son récit paraît un peu trop ponctué de silences mais ne vous attachez pas à ce détail. Si vous cherchez la meilleure formation possible, il vous faut absolument regarder quelques émissions de « Alain Decaux raconte ».
Comment Alain Decaux est l’exemple parfait du « parler vrai »
1ère règle : Montrez que vous savez de quoi vous parlez
Alain Decaux était l’historien reconnu par excellence. On conseille souvent aux orateurs de donner l’impression de raconter quelque chose qui semble venir du cœur mais comment faire en pratique ? Si vous regardez ne serait-ce que son émission sur la révolte des vignerons de 1907 (un véritable bijou qui vous bouleverse), vous aurez tout de suite le sentiment qu’il sait de quoi il parle. Comment ? En agrémentant son histoire juste quand il faut de quelques dates précises, d’événements anecdotiques au bon moment dans l’histoire. Il se base sur des archives judiciaires comme en racontant la bande à Bonnot (telle que vous ne lavez jamais entendue), des chroniques contemporaines de l’événement, des historiens et des témoignages. Et cela donne confiance au public.
Comment Alain Decaux se souvient de tous les détails
Sa technique ? Préparer un plan du déroulement de son histoire d’un seul feuillet et en apprenant seulement par cœur principalement les noms et les dates (En racontant le drame d’Hirohito, il a réussi à se rappeler jusqu’à 45 noms japonais). Tout l’art est ici de réussir à bâtir correctement la progression de son histoire. Rendez-vous compte, il était filmé sans lire un télé prompteur. Alors bien sûr, il faisait parfois quelques lapsus. Il lui arrivait rarement de commettre quelques erreurs de dates mais il s’excusait et cela ne faisait que rajouter au caractère sincère de sa façon de parler parce que tous les spectateurs avaient confiance. En vérité, il ne faut pas avoir peur de se tromper parfois et au besoin, retourner cela comme une force pour convaincre.
2ème règle : Comment Alain Decaux mettait en scène son récit
Ayez l’art de planter le décor
Dès le début de son récit, Alain Decaux instaure un suspense, en prenant le temps de décrire les événements de manière progressive en maintenant le suspense et en y incluant des éléments de surprises. Il commence parplanter le décor, souvent avec une scène ou une situation qui suscite la curiosité ou l'émotion du public, tout en posant implicitement des questions dont la réponse viendra plus tard. Dans Jack l’Eventreur on s’imagine tout de suite dans la rue du quartier pauvre de Londres et cela exacerbe déjà nos émotions avant que nous ne tombions nez à nez avec le premier meurtre horrible. Puis, Il distille les informations petit à petit, suscitant une attente avant de livrer des moments-clés ou des révélations cruciales.
Contextualisez le récit pour faire ressentir votre histoire
Mais Alain Decaux ne se contente
pas de décrire des événements isolés, il les replace dans le cadre plus large
de l’Histoire. Ainsi, lorsqu’il raconte l’histoire de la bande à Bonnot,
il commence par expliquer le contexte social et politique de l’époque : la
montée de l’anarchisme en France et la répression violente par l’État. En
faisant cela, Alain Decaux montre qu’il ne raconte pas seulement des anecdotes
mais qu’il s’appuie sur une compréhension profonde de l’histoire et des
dynamiques sociales qui sous-tendent les événements. Dans l’émission sur les poilus fusillés de 1917
(Une histoire poignante pour comprendre la vie du soldat de 14), il n’hésite
pas à impliquer le spectateur : « Et vous, dans ces conditions,
auriez-vous pu sortir de la tranchée ? » Alain Decaux sait qu’il ne
suffit pas de présenter une suite d'événements : il faut faire ressentir
l’histoire. Or, chez Alain Decaux, le cadre n’est jamais neutre, il est un
acteur du récit.
Humanisez les événements que vous racontez pour plus impliquer
Alain Decaux donne aussi une
dimension émotionnelle et humaine aux faits historiques en mettant en avant les
personnages et en détaillant leurs motivations, leurs émotions et leurs
dilemmes. Lorsqu’il raconte la chute d’Alamo,
Il se concentre particulièrement sur des
figures historiques marquantes et souvent tragiques comme le colonel Travis (on
découvre les raisons de son comportement avec Jim Bowie) et il les présente
sous un angle plus personnel, ce qui les rend plus accessibles au spectateur.
Jouez avec le suspense avec des moments d’accroche
Comme dans un feuilleton, Alain
Decaux ponctue son discours de moments d’accroche où il pose des questions qui
ne trouveront leur réponse qu’à la fin, maintenant ainsi une tension
émotionnelle. Dans son récit sur l’affaire Cicerón,
l’espion nazi, il ménage ainsi un suspense constant. Alors que le public pense
tout savoir, il retourne habilement la situation avec une révélation inattendue
qui tient l'auditoire en haleine (il a retrouvé cet espion). En regardant Jack l’Eventreur, incité
par ses révélations, on devient soi-même enquêteur et on a envie de
poursuivre des recherches sur le sujet pour mieux le raconter à nos amis. C’est
tout simplement le sens de l’engagement sur les réseaux sociaux. Nous devenons
engagés. N’est-ce pas précisément ce que recherche chaque entreprise auprès de
ses clients ?
Terminez en apportant une réflexion sur les conséquences de votre histoire
C’est ainsi que les récits d’Alain
Decaux se terminent souvent par une réflexion sur les conséquences de
l'événement raconté ou sur la portée historique de cequ'il vient de
relater. Cela donne une profondeur supplémentaire au récit et pousse le
spectateur à réfléchir au-delà de l'histoire immédiate.
3ème règle : Pour parler vrai, captivez notre regard
Parler vrai, c’est d’abord attirer
le regard de l’autre car les études montrent que c’est d’abord l’expression des
yeux à laquelle on fait attention même à travers une vidéo. Est-ce que le
regard est sincère, ouvert vers l’autre ? Il existe beaucoup de
recommandations sur les expressions du visage : comment bouger souvent la
tête pour éviter l’ennui du spectateur. Curieusement, Alain Decaux fait un peu
le contraire et pourtant on ne décroche pas, c’est là toute sa magie. Son
regard n’est jamais concentré sur un point extérieur car cela donne
l'impression que l'orateur est dans une réflexion intérieure ou qu'il ne
cherche pas activement à engager visuellement son public. Au contraire, il nous
regarde fixement, et donne parfois l’impression de se pencher en s’adressant à
chacun d’entre nous de façon intimiste. Mais surtout, ses yeux, sous des
lunettes austères, brillent à mesure qu’il avance dans son récit. Ce regard,
parfois appuyé par des froncements de sourcils ou des expressions légèrement
dramatiques, renforce le sérieux du sujet et intensifie l’émotion dans les
moments cruciaux du récit. Ce n’est pas facile de fixer la caméra. On ne peut
s’empêcher de penser aux milliers de gens qui vont nous regarder et cela
déconcerte. Ce qui nous sauve, c’est posséder pleinement notre récit, l’avoir
joué auparavant devant un miroir, répété à voix haute à des interlocuteurs non
spécialistes, de façon à ne plus chercher nos mots, à ne plus douter.
De la gestuelle, oui mais pas trop
Assis sur sa chaise et alors que
la caméra ne montre la plupart du temps que son buste, il est aussi loin d’être
passif. Eh oui, aujourd’hui, on utilise très souvent, trop souvent les
travelings pour nous empêcher de décrocher. C’est la mode mais ne serait-ce pas
parfois parce que l’histoire racontée n’est pas assez forte ? Les gestes
d’Alain Decaux donnent de l’amplitude aux émotions qu’il exprimejuste
assez pour souligner un point clé ou un changement dans le déroulement de la
narration. Il pointe son doigt vers nous, il s’exaspère en levant les mains au
ciel mais ce n’est jamais parce qu’il faut bouger. Imaginez le s’indignant,
gesticulant, par réflexe. Ses mains parlent vrai elles aussi.
La voix est celle d’un passionné, son secret : le rythme et les
silences
Un bon rythme ne signifie pas obligatoirement rapidité
Vous connaissez peut-être la voix
d’Alain Decaux, souvent imitée par l’humoriste Guy Montagné. Elle
contribue à accentuer ce sentiment de sincérité. Il faut dire qu’il a fait ses
armes dans des émissions de radio. Le rythme de son discours est fondamental
pour la tension narrative. Il sait alterner des phrases plus longues, explicatives, avec des phrases courtes exprimant l'émotion. Aujourd’hui, on penserait qu’il se tait trop souvent
et que son rythme de parole est trop lent mais cela rend le récit plus immersif.Ilmartèle les mots quand il le faut et sait parfaitement
alterner entre des moments d'accélération narrative et des pauses réfléchies,
car il laisse le temps à l'audience de s'imprégner des informations avant de
passer à l'étape suivante en amplifiant l'effet de surprise et de découverte
des moments-clés.
Et surtout, il joue avec les silences
Silence, me direz-vous mais
n’est-ce pas ce que l’on cherche à éviter aujourd’hui où il faut coûte que
coûte occuper le temps de parole et empêcher l’adversaire de s’exprimer. Ecoutez
plutôt ce que disait Malcom Young, le fondateur d’AC/DC dont la musique rapide
a fait le succès mondial : « Dans notre musique rock, ce sont les silences
qui forgent la rythmique. Ils en représentent plus de 50% » Il ne faut
pas avoir peur de s’arrêter pour reprendre sa respiration. Lequel d’entre nous
ne se sent pas étouffer en entendant un intervenant qui n’arrête jamais de
parler comme ces invités politiques à la radio ? C’est très stressant et
nous donne au contraire envie de décrocher.
Alain Decaux joue finement en changeant de ton
Il adopte un ton à la fois sérieux
et solennel mais Il module aussi sa voix en fonction des moments dramatiques ou
des révélations. D'une voix solennelle lorsqu'il évoque des moments dramatiques
ou tragiques, il peut passer à un ton plus passionné pour souligner l'intensité
d'une situation ou l'importance d'un personnage historique. Et son ton assuré donne au public le sentiment qu’il est directement impliqué dans le récit. Il
parle avec la voix de celui qui sait, celui qui a enquêté et compris. Et cette
autorité donne à son storytelling un aspect quasi pédagogique, comme si chaque
mot nous instruisait tout en nous divertissant.
La musique vient juste souligner sans écraser ses propos
Curieusement, l’ambiance sonore est
également minimale, avec peu ou pas de musique. Parfois, des sons ou des
musiques très discrètes peuvent être intégrés pour accentuer certains moments
du récit, mais l'accent est toujours mis sur la voix et le contenu historique
qu’Alain Decaux expose.
Tout comme le décor minimaliste
Le décor de l’émission de « Alain Decaux raconte »
est, lui aussi, volontairement minimaliste. Il se trouve souvent seul face à la
caméra, dans un décor neutre avec des éléments symboliques comme une
bibliothèque ou une table, rappelant subtilement un cadre d'étude ou
d'érudition. Cette simplicité permet au public de se concentrer uniquement
sur le conteur et son récit, sans distractions visuelles inutiles comme
s'il racontait une histoire dans le salon de chacun. Le décor ne vole
jamais la vedette au contenu de ses récits.
Et voyez-vous, finalement, Alain
Decaux ne contribue pas seulement à l’Histoire. Par ses récits extraordinaires,
il crée notre Histoire, notre façon de découvrir et comprendre des moments
historiques. Alors, vivez, vous aussi, les grandes aventures d’Alain
Decaux sur Youtube.
Il est a noté que cette boite à outils peut aussi servir de base à la préparation de plusieurs aspects de la communication et la présentation d'un projet, notamment touristique. Dans un prochain article, on passera à la pratique. on appliquera ces principes et on créera un communiqué de presse annonçant la nouvelle activité d'une entreprise touristique.